Tuesday, January 31, 2006

Gnarf, gnarf, gnarf...

Je sens que mes baby undergrads vont se bouffer du Post-Stucuralisme et du Ernesto Laclau dans mon prochain cours. Allez, c'est pour leur bien, et j'ai passé un temps fou a trouver les textbooks les plus abordables, de facons a ce que meme des undergrads de deuxième année captent sans problemes. Je vais leur filer un de ces theoretical edge l'air de rien. Ils me remercierons plus tard (quand ils bosseront pour le Boston Group), de les avoir introduits dans le monde merveilleux du socialisme radical.

Mais comme il est hors de question de tuer dans l'oeuf leur lumineux esprit critique (ha!), ca va etre technique Harry Potter pendant presque toute l'heure. Divide and Rule.

Monday, January 30, 2006

Your average B student

Il a une ou deux semaines, sur un teaching carnival, un blogueur parlait du probleme des B students. Une B student, je l'ai été depuis la maternelle. Une 7-ou-8eme de la classe, qui s'ennuie a mourrir et qu'on ne remarque pas.

C'est pas un destin tres singulier: la terre est peuplée de B students. Ceux a qui on a accordé 15 minutes pendant toute leur scolarité. Ceux dont le potentiel n'etait pas éclatant, mais qui n'avaient pas de problemes non plus. Ceux qui auraient, bien sur, pu mieux faire, mais sur les bulletins desquels on n'ecrit meme pas "peut mieux faire", parce que somme toute, c'était pas mal. Elève sans difficultés, bon résultats.

Dans mon année a Déville, j'ai que des petits poulains dont l'égo a été gonflé a mort dans leur université précédente. La grosse majorité ont été poussés. On les a remarqués, on les a valorisés, on les a courtisés, on leur a dit en undergrad qu'ils devraient continuer, qu'on leur trouverait des fonds. On est un ou deux a s'etre "soulevés par nos propres lacets", a avoir pris du papier et un stylo et a avoir fait notre propre promo sans qu'on nous pousse, sans qu'on nous courtise, et en faisant semblant d'etres surs de nous sur la base de... rien.

Ozzie etait un étudiant courtisé, BH aussi. Tous les deux des triple first dans des super departements. Rien que lire leur acknowledgements dans leur livres ca me déprime. D'accord c'est des acknowledgements, et les acknowledgement c'est toujours hyper lyrique. I would like to thank XY, who first introduced me to Political Sociology. Je ne sais pas ce qui s'est vraiment passé, mais j'ai aucun mal a imaginer une relation de véritable tutorat. Ce que j'aurais voulu avoir quoi.

Je ris jaune en pensant que je vais écrire un truc du genre a leur sujet, parce que ca se fait. Mais je leur en veux de pas s'enthousiasmer, de m'avoir diagnostiquée rapidement comme your average B student. Pas brillante, mais pas médiocre, elle nous fera un gentil petit PhD sans problemes, on lui fera des gentilles références et basta. Liquid Modernity reigns, supreme.

Notes to self:

1) Acknowledge what you already have. On the whole BH is doing a great job: you crave attention so much that you can't see it when you get it.

2) Just ask for what you want of BH and Ozzie. They will most likely oblige, because they would like to see you happy and confident.

3) Spend some time valorising the work of your own B students. It takes one to know one. Hence it takes a mentor to know a mentor. You've plainly got it in you.

Le livre le plus abstrait du monde.

Alors comme ca, mon Ozzie s'amuse a me faire paniquer avec des livres que lui pige a peine. Bourreau!

Sa technique a la con marche tres bien parce que je lui fous une paix royale du coup, pendant que je passe mes trois mois a lire deux livres et a me dire que "p'tain j'suis trop conne pour ce job, il va s'en rendre compte, c'est la fin du monde".

Eh, pour Oz' c'est le pied: les doctorants bossent, ils sont pétrifiés pendant trois semaines, et ils finissent par se pointer en supervision tout sages et tout bien briefés, capables d'expliquer le post-structuralisme a un gamin de 5 ans. C'est tout benef.

Tout ca pour dire que je comprends enfin ce satané livre qui ne fait référence a aucun objet matériel (genre un arbre ou une assiette). Il n'y a que des concepts tortueux qui se bouffent la queue. "L'espace est l'antithèse de la temporalité qui est l'antithèse de l'espace. Mais les deux se co-contituent lorque l'on transcende la fallacieuse dichtomie entre un Marxisme structuraliste dépassé et et un post-structuralisme nomade et contingent esquissant ses lignes de fuite a travers une emergence de possibles actualisables mais non encore scriptés". Le tout sur 222 pages.

Extrait de "L'intimidation, ou comment faire flipper ses postgrads" par Ozzie, le terrifiant professeur de l'ombre.

Sunday, January 29, 2006

Right Here, Right Now.

Mais bon, relatif au dernier post, il faut aussi dire que Le Royaume Uni me manquait a en hurler la nuit, il faudrait savoir!

Alors, tant qu'a faire, aujourd'hui le programme etait composé d'activités brittaniques. Comme le church-hoping: c'est incroyable le nombre d'eglises et de communautés qu'il peut y avoir de mon coté du monde. Si en Italie on a surtout du catholicisme bien émotionnel et quelques born agains en marge, en Ecosse on a des allumés de tous poils, et toutes dénominations.

Ca faisait une éternité que j'avais envie d'aller a un meeting de Quakers, entre autres parce que Voltaire n'arretait pas d'en faire l'éloge, et que je suis fan de Voltaire. (Il faut absolument lire les lettres philosophiques, lisibles en ligne, hilarantes et furieusement Anglophiles).

Et ben ca déménage, les quakers sont trippants: aucune autorité, aucun preaching, aucune representation visuelle ou musicale, et pas un mot "religieux" avant ou apres le meeting.

Pendant le meeting des friends on s'assied la sur des chaises et le premier qui est inspiré parle. Sinon on ne fait rien d'autre que lezarder la dans le rayon de soleil, ou au son du clapotti de la pluit. Nix prière et truc du genre, meme pas des prières personnelles. Juste le plaisir d'etre ensemble, et si l'on en croit la source, la présence pas nécéssairement tangible de Je*sus Himself.

Apres le meeting, on serre la pince a son voisin, et on partage... je vous le donne en mille... une cup of tea bien sur!!!

A part ca les quakers sont activement non-violents, engagés socialement, tutoient tout le monde et ne prettent pas de serments. Ils et elles ne prechent jamais. Pas le moindre mot.

Apres ca, bus direction la plage, ou on a dégusté avec ma colloc' un Haggis with Nips and Tatties dans un vieux pub multi-centennaire. Puis on a marché au bord de l'eau, en regardant les papas jouer au Rugdby avec leurs gosses sur le gazon, et en souriant a tous les passants. Parce que comme le notent Kiara et Mimile a l'occasion, les écossais c'est souriant.

Apres une autre cup of tea, on est allée faire du book-shopping. Comme on trouve tout dans les bouquinneries j'ai acheté Sacred Pleasure de Riane Eisler et Forever Summer de Nigella Lawson. Apres j'ai chopé un sun day paper, et je me suis enfouie sous la couette avec Sacred Pleasure (j'y suis encore).

Voila, I'm happy as tea and crumpets. God save the Queen.

Italia on my mind

Il n'y a qu'une endroit pour se reveiller le dimanche matin (ou autre jour de farniente). C'est l'Italie bien sur. Il a un an, en Baviére profonde, on etait a deux heures de Bolzano, et a 2h30 de Trento. Et en ajoutant 4 heures on était a Padoue ou Venise, c'est selon l'humeur.

La nourriture de reve, le temps de reve et le shopping de reve! Le tout dans une ambiance incomparable si on choisit bien son quartier.

Du coup, ce matin, je vais faire l'impasse sur les beans. Et me laiser engloutir par mes livres de cuisine.


Danielle


Lasciatemi cantare
con la chitarra in mano
lasciatemi cantare
sono un italiano

Buongiorno Italia gli spaghetti al dente
e un partigiano come Presidente
con l'autoradio sempre nella mano destra
e un canarino sopra la finestra
Buongiorno Italia con i tuoi artisti
con troppa America sui manifesti
con le canzoni con amore
con il cuore
con piu' donne sempre meno suore
Buongiorno Italia
buongiorno Maria
con gli occhi pieni di malinconia
buongiorno Dio
lo sai che ci sono anch'io

Lasciatemi cantare
con la chitarra in mano
lasciatemi cantare
una canzone piano piano
Lasciatemi cantare
perche' ne sono fiero
sono un italiano
un italiano vero

Buongiorno Italia che non si spaventa
e con la crema da barba alla menta
con un vestito gessato sul blu
e la moviola la domenica in TV
Buongiorno Italia col caffe' ristretto
le calze nuove nel primo cassetto
con la bandiera in tintoria
e una 600 giu' di carrozzeria
Buongiorno Italia
buongiorno Maria
con gli occhi pieni di malinconia
buongiorno Dio
lo sai che ci sono anch'io

Lasciatemi cantare
con la chitarra in mano
lasciatemi cantare
una canzone piano piano
Lasciatemi cantare
perche' ne sono fiero
sono un italiano
un italiano vero.

La la la la la la la la...

Lasciatemi cantare
con la chitarra in mano
lasciatemi cantare
una canzone piano piano
Lasciatemi cantare
perche' ne sono fiero
sono un italiano
un italiano vero.

Tuesday, January 24, 2006

Quantitativement...

La première chose que les brits demandent en se reveillant du coma:

"Can I have a cup of tea?"

C'est-t'y pas mignon?

Friday, January 20, 2006

Vivent les sciences sociales!

Nous sommes une région autonome Italienne. On a voté un large budget pour les sciences et l’éducation. On voudrait que notre région soit dynamique économiquement, que notre recherche soit compétitive, et surtout on en a marre que ce soit d’autres endroits qui bénéficient de notre R&D, parce qu’ici on a personne qui puisse le mettre a profit. On voudrait des retombées économiques directes et de la création d’emploi chez nous. Qu’en pensez vous?

Nous sommes la direction générale Recherche et Développement de l’Union Européenne et il faut repenser la politique agricole commune. Un de nos ennuis c’est l’agriculture de montagne: y’a pas moyen de s’arranger pour que les agriculteurs y restent parce que c’est pas rentable et que la qualité de vie est pas terrible. Seulement les agriculteurs de montagne sont super importants pour le maintien du paysage culturel et la biodiversité. Toute l’économie montagnarde a besoins du service qu’ils rendent. Alors, les sociologues, comment on les maintient la?

On est une région Anglaise. On a une sorte de forum de représentation des intérêts régionaux et notre boulot c’est de formuler un projet de société. Seulement ça marche pas trop parce qu’on ne sait pas si on a les bonnes personnes pour participer au débat. Et même si on les avait, on ne sait pas comment se mettre d’accord avec la population sur notre fameux projet de société. Pouvez vous nous expliquer comment ils se débrouillent en Ecosse et ce qu’on peut en apprendre?

Thursday, January 19, 2006

We read to know that we are not alone (bis)

Ca a commencé chez Veuve Tarquine, puis Kiara, et rapidement je me suis rendue compte qu’une partie non négligeable de la blogosphère francophone était mobilisée contre la révocation de Garfieldd. Moi je connaissais pas. Notre blog est pratiquement privé, et personnellement je suis assez autiste quand il s’agit d’en lire d’autres. J’en lis 4 ou 5 a tout casser. Mais c’est dommage parce que, Garfieldd ca aurait pu etre le sixième. J’ai lu quelques articles en cache et j’ai trouvé ca trop bien.

« Devoir de réserve ». A mon avis, c’est ce même devoir de réserve qui nous opprime. A être réservé, on en devient semblable a ces gardiens du château dans Kafka. On ne te laisse pas entrer et on ne te dit pas pourquoi. On te laisse croire que c’est toi qui es différent, qui n’est pas assez “bien” pour la République, et on te laisse tramer. Pas question de mettre en avant une commune humanité.

Moi, je voudrais bien pouvoir encore découvrir Garfieldd. C’est ma revendication. L’autre c’est que le Blog a Garfieldd soit au programme du bac, tiens, pourquoi pas. La dernière c’est évidemment que cette décision soit revue, et le plus publiquement possible.

Sinon je crois qu’il y aura des accros dans ma voix, la prochaine fois que je parlerai de Voltaire a mes étudiants. Et, discursivement parlant, elle va morfler la République!

Toi, je t'aurai au détour.

Hi there.

We need one postgraduate for each module - could you get volunteers and then Adam and I can decide based on experience, teaching skills etc. The teaching is enjoyable, really.


Je ne te donne pas le droit de te placer, ou de me placer, dans une telle position. J’exige l’égalité. Et je connais trop les méchanismes mentaux qui veulent qu’on ne pardonne jamais a ceux a qui on a soi-meme porté prejudice. Encore une fois, je ne joue pas le jeu. Tu n’auras pas le loisir de m’évaluer et de me trouver “lacking”. Va te faire f* avec ta course en sac a deux balles.

Jolis mots.

"When I tell my wife, then I know it's true".

Je pourrais expliquer pourquoi cette phrase est fondamentalement post-structuraliste car elle décentre le sujet en mettant en valeur une constitution mutuelle des subjectivités a travers une hermeneutique monale permettant d'envisager de manière affectuelle la possibilité d'un dialogue entre entités constituées dans l'instant par des reseaux humains et non-humains contingents.

Mais bon. Non.

Wednesday, January 18, 2006

Wow Wow Rasputin!

A l'assaut de la cool factory! C'est bon ils me lisent pas, j'ai vérifié. Et puis je suis trop vielle pour me faire intimider par ces énergumènes. Alors, dans l'intimité d'un blog tres peu fréquenté, et a peine trouvable sur Google, voilà chers amis conspiratrices et conspirateurs, un concentré des 48 lois du pouvoir, adaptées librement de Robert Greene:


· Always let others feel comfortably superior and more clever than you are.

· Conceal your intentions and don’t let them see you coming.

· Don’t speak a lot.

· Maintain your reputation at all cost.

· Never win a verbal argument. Quietly go for your own goal and prove your point through your achievements.

· Emotional states are infectious. Maintain a slightly greater level of energy than your counterparts.

· When entering a deal, always think about what’s in there for the other party.

· Disappear for a while. If you are around too often you are too common.

· Remain unpredictable and do unexpected stuff.

· Circulate and mingle and keep an ear open.

· Surrender when beaten and annoy them in some other way.

· Remain graceful and polite in all circumstances.

· Create your own image and live your own myth.

· Keep your hands clean: you are a model of civility and efficiency whom nobody would incriminate.

· Encourage other people’s enthusiasm by making your activities seem great.

· If in doubt or feeling timid, abstain from action. But if you feel bold and confident, go for it.

· Plan everything (quietly) to your end goal and work from there.

· Make your actions seem effortless, natural and executed with ease and enjoyment.

· Keep hold of the frame of reference and control the options. For example: “you have a choice, it’s this or that”.

· Appeal to fantasies, don’t be a grumpy realist or the bearer of bad news.

· Act like a queen to be treated like a queen.

· Never seem to be in a hurry à it shows your insecurity.

· Disdain the things you cannot have.

· Put on a good show: create lots of appearances and do your own thing behind.

· Seem to have a lot of common ground with others.

· Make your enemies look bad.

· Don’t seek a free ride. Rather, be generous of your own resources.

· Don’t “step into a great man’s shoe”


Tout un programme...

Wishful Thinking

Wish: Dany, this is excellent work. I think you should send in this paper, maybe slightly revised, to Political Review. Please e-mail me to arrange a meeting so we can discuss some of your points in more detail.

Reality (BH): Hi Dany, Thanks for this. I'm sorry I did not have time to look at it but I'm sure it's great, as always. Are you coming to the Sociology Ball next week?

Reality (Ozzie): Dear Danielle, I read the paper you sent me: it is very good. I also think that it's good that you wrote it, as your ideas seem to be much clearer. Let me know how your interviews go.

I think I like my reality just as much as my wishes.

Tuesday, January 17, 2006

Trick your own mind

Ca a commencé par un bouquin d'Ozzie: j'y pigeais rien de rien.

Apres j'ai voulu lire "Hegemony and the Socialist Strategy" de Laclau et Mouffe: j'y pigeais encore moins, mais je me suis forcée a lire le premier chapitre quand meme, par fierté et a percutter ce que je pouvais.

Du coup quand je suis retournée au premier ouvrage, c'etait vraiment du gateau. Pfff, en deux heures, je comprends tout: c'est trop facile.

Notons que j'avais toujours rien pigé a Laclau et Mouffe. Mais j'apprends vite: je suis allée piocher du Zizek. La encore, a la premiere lecture ca donne: What the f***???

On retourne a Laclau et Mouffe, et tous comptes faits c'est pas bien compliqué.

Ce qui ne nous avance pas sur Zizek... etc.

Monday, January 16, 2006

"No reply necessary"

Je leur fous la paix. C'est tout un art, parce que si tu fais le mort ils s'inquiettent quand meme au bout d'un moment et ca leur occupe l'esprit, mais si tu leurs envoies des updates tous les 15 jours, ca les gave aussi, surtout s'il y a des questions auquelles il faut répondre gentillement alors qu'ils ont autre chose a faire.

Si vous aussi, vous devez nourrir vos tamagoshis, la formule magique apparement c'est "no reply necessary". Un peu démoralisant tout ca, parce qu'en fait j'aimerais bien un peu d'interraction. Mais bon, RAE is upon us. Voici un template de monthly update

This is going good: ....
This is going less good: ....
This is what i'm doing: ....
This is what i will be doing in the next month: ....

If this seems alright, no reply is necessary. However, if you do have questions, suggestions or comments, please get back to me.

Ca c'est de la technique! (Copyright: Golden Boy)

La route que nous avons choisie...

... doit devenir la bonne. Alain.

J'ai l'impression de m'etre tiré dans le pied en n'envoyant pas d'abstract pour la conf' de socio. Pourtant j'ai réfléchi. Et puis au final j'ai pensé que non, que c'était trop prétentieux, que tout le monde faisait ca et que c'etait énervant a force. Que je préfère etre première au village que millième a Rome. Que j'irai l'année prochaine quand j'aurai quelque chose de bien a dire. Qu'y aller pour y aller, finalement, c'etait se tirer dans le pied aussi. Que j'aurais été acceptée finger in the nose dans une session periphérique, mais qu'un abstract pourri, distribué sur CD Rom a tous les participants, c'est pas une trop bonne idée. Que le vrai luxe est la on on ne l'attend pas. Que des dents qui rayent le plancher combinées a une insécurité structurelle, c'etait pas, euh, ladylike.

Et puis, au fonds, je sais que c'est tres immature mais j'ai envie qu' Ozzie et BH soit plutot fiers de la chose, pas qu'ils en rougissent pendant six mois. Voila. On ne change pas une équipe qui marche.

Sunday, January 15, 2006

Pour une fois c'est pas eux...

D'habitude tres friands de théories "c'est la CIA" ou "c'est Rupert Murdoch", les critiques en herbe du cours de sociologie politique ne sont pas les auteurs de ceci:

Il s'agit (...) de l'adoption progressive, dès la seconde moitié des années 1970, d'une nouvelle ligne de conduite en matière de finances publiques, consistant à limiter les recettes fiscales de façon à creuser les déficits étatiques. L'objectif étant d'établir ainsi un climat politique et idéologique favorable à la diminution des dépenses, avant tout sociales, des collectivités publiques et au déplacement de la charge fiscale au bénéfice des détenteurs de capitaux.

C'est tiré d'un article d'Actes de la recherche en Sciences Sociales par Sebastien Guex. Je devrais le leur faire lire, il vont adorer. -Et le course convenor va me tuer, voui- Mais moi j'aime bien leur posture critique a deux balles (et qu'ils ne me recrachent pas le textbook): ils pourront toujours raffiner leur analyse après.

Friday, January 13, 2006

We read to know that we are not alone (C.S. Lewis).

Sur certains blogs que je lis réguliérement, on s’est mis a delurker, c’est a dire a arretter de lire en douce, et laisser a un commenatire. C’est la qu’on se rends compte qu’en afit, sur les blogs de Profgrrrrl et de New Kid, il y a des douzaines de grad students qui “lurkent” peinards pour se faire une idée du job. Et c’est con, mais, au moment meme ou j’etais en train de me dire que ca commencait a tourner en rond, qu’au final a force de faire des copier-coller pendant un an, je m’etais compilé un joli petit skill set, je me rends compte que j’etais loin d’etre la seule.

Sinon, la journée d’aujourd’hui est vraiment cool. Le temps était morose, alors j’ai pas décollé de mon plume, je me suis fait des litres de thé vert, j’ai dégainé mon chocolat Suisse, lancé Lost Souls des Doves en boucle et j’ai bien bossé quand meme. Aaaah.

Wednesday, January 11, 2006

La poesie est un sport de combat

Whatta Man, by Salt N Pepa

Whatta man, Whatta Man, Whatta mighty good man!

I wanna take a minute or two, and give much respect to -
to the man's that's made a difference in my world.
And although most men are hoes, he goes on the down-low
cuz I never heard about him with another girl.
But I don't sweat it because it's just pathetic to let it,
get me involved in that he said she said crowd.
I know that ain't nobody perfect, I give props to those who deserve it,
and believe me ya'll he's worth it.
So here's to the future cuz we got through the past,
I finally found somebody who can make me laugh. (ha ha ha)
You so crazy...I think I wanna have yo baby.

Whatta Man, Whatta man, Whatta man, Whatta mighty good man!

My man is smooth like Barry, and his voice got bass.
A body like Arnold with a Denzel face. He's smart like a doctor
with a real good rep, and when he comes home, he's relaxed with pep.
He always got a gift for me everytime I see him.
Alot of snot nose, ex-flames couldn't be him.
He never ran a corny line once to me yet, so I give him stuff
that he'll never forget. He keeps me on cloud 9 just like intended.
He's not a fake wannabe, tryin' to be a pimp. He dresses like a
dapper don, but even in jeans, he's a God sent original,
the man of my dreams.

Yes my man says he loves me, never says he loves me not. Not to
rush me good and touch me in the right spot.
See other guys that I've had, they've tried to play all the mac shit,
but everytime they tried, I've said "That's not it!"
But not this man, he's got the right potion, baby rub it down
and make it smooth like lotion. He's the original highway to
heaven. From seven to seven he's got me open like 7 eleven, and
yes it's me that he's always choosin. With him I'm never loosin,
and he knows that my name is not Susan. He always has heavy
conversation for the mind, which means a lot to to me cuz good men
are hard to find.

Whatta man, whatta man, whatta man, whatta might good man!

Whatta mighty mighty good man! Know what I'm saying? Whatta
might mighty good man ya'll! Ya'll don't hear me. Now check
him out.

My man gives real lovin, that's why I call him killa. He's not a
wham bam, thank-you-ma'am, he's a thrilla. He takes his time,
and does everything right. Knocks me out with one shot for
the rest of the night. He's a real smooth brotha, never in a
rush. And he gives me goose pimples with every single touch, spends
quality time with his kids when he can. Secure in his manhood
cuz he's a real man. A lover, and a fighter, and he'll knock
another out. Don't take him for a sucka, cuz it's not what he's
about. Everytime I need him, he always got my back. Never dis-
respectful, cuz his momma taught him that.

Whatta man, whatta man, whatta man, whatta mighty good man!

D'ailleurs...

Y'a ce blog qui m'enerve. A priori on est pareilles: thésardes au Royaume uni mais pas britaniques, en deuxieme année de thèse, et ca ne m'étonerait pas qu'on soit dans la meme discipline (des conférences a Chicago au printemps y'en a pas des dizaines). Sauf qu'a lire le blog elle fait tout bien, c'est pas possible!

J'ai aussi passé des heures a préparer mes cours: j'avais des post-its thématiques, distribués au pif aux étudiants, de facon ludique en les laissant se demerder. Tres "Harry Potter" ma technique, je les sépare en groupe,ca crée un émulation et plouf plouf plouf... vous avez dix minutes pour nous parler de la notion de réseaux culturels, plouf plouf plouf... vous ca sera les global cities.

Ils ont adoré et chahuté pendant toute l'heure. Du coups dans les essays ca a été le top délire et le course convenor m'est tombé dessus: "Dis donc ils sont remontés tes étudiants". Entre les théories a la con "c'est la CIA qui a manigancé les attentat térroristes" et les innombrables références a Wikipedia. Je leur avais dit de s'approprier les outils de la discipline pour défendre leurs propres opinions. C'est sur ils se sont lachés!

Nous sommes tres loin des:
"I do all the reading. I spend time preparing a detailed lesson plan. I do handouts. I go to the lectures. I am doing extra work for a teaching qualification. I am doing as much preparation as it is possible"

Supervision dans le train pour Londres: "Alors comment ca avance?", me demande Oz' sur un ton neutre en touillant son thé dans un ramequin de plastique. Je lui explique ma théorie des "nuggets": j'accumule des tas de nuggets d'information et quand j'ai besoins de faire un papier je pioche ci et la et je fais une ratatouille (en francais dans le texte). Oz, héroique, me bronche meme pas, et s'amuse de la real life Rita qu'il est en train de superviser. "Oui pourquoi pas, ca m'a l'air efficace". Une demi heure plus tard, le nez dans mon article, je le vois sortir son Moletskine nickel et rayer méthodiquement, toutes les dix secondes, des élements d'une liste pre-determinée. Je me recroqueville sur mon siege avant d'oser un timide: et vous? Comment vous vous y prenez pour écrire un article? "Ben tout d'abord je fais un plan conceptuel, apres un plan de lecture, et apres seulement je commence a écrire". Doom.

La encore: "This chapter is mostly finished, but I am just stuck at the last 750 words… Which is not so great really. Or maybe I have just run out of points to make and should just add bits and pieces in here and there as I edit it…" Pouffiasse.

Les habitués de ces lieux reconnaitrons une certaine Conference a Chicago. Pour recapituler mes superv' m'avaient découragée de lancer mon propre Call for Papers avec un pote parce que c'etait un peu tard. Le jour suivant, un postgrad dans mon genre, supervisé par Bob Jeffop a Lanville, envoie son CFP in extremis sur le listserv. Grump.

Pendant ce temps la, notre illustre inconnue nous informe que: "I forgot to mention the good news yet, which is that I will get to present at a conference next spring in Chicago. This is doubly exciting because I have never presented at an international conference before and I’ve never been to the US before. I am really excited." La pseudonimité sauve des vies, on ne le dit jamais assez.



Her face is a map of the world
Is a map of the world
You can see she's a beautiful girl
She's a beautiful girl
And everything around her is a silver pool of light
The people who surround her feel the benefit of it
It makes you calm
She holds you captivated in her palm

Suddenly I see
This is what I wanna be
Suddenly I see
Why the hell it means so much to me

I feel like walking the world
Like walking the world
You can hear she's a beautiful girl
She's a beautiful girl
She fills up every corner like she's born in black and white
Makes you feel warmer when you're trying to remember
What you heard
She likes to leave you hanging on a wire

Suddenly I see

And she's taller than most
And she's looking at me
I can see her eyes looking from a page in a magazine
Oh she makes me feel like I could be a tower
A big strong tower
She got the power to be
The power to give
The power to see

KT Tunstall

Et vogue la galère!

J'ai pas de schémas mentaux pour expliquer l'effet fan club. Si ce n'est peut etre, en stretchant l'analogie, la fameuse histoire de poutre et d'echarde, a savoir que tout ce qui te fais réagir chez les autres c'est quelque chose que tu as aussi. Positif ou negatif.

L'effet fan club c'est quand on imagine que les autres sont mieux. But it takes one to know one, et donc tout ce que tu imagines chez l'autre c'est quelque chose que tu pourrais actualiser aussi. J'ai déjá essayé d'expliquer ca a Bouletor et ca a pas marché.

Le titre de ce blog est un hommage direct a Regena Thomashauer, qui m'a justement fourni des tas de schémas mentaux vraiment innovants. Regena se base elle meme sur d'autres sources fort hétérodoxes et que le commun des mortel n'ira pas voir. Je parle d'Extended Massive *rgasm, par example. -Do not open at work, though-

Les auteurs sont les premiers a donner une explication vraiment convainquante de l'effet fan club, arguant que la pluspart des gens reagissent fort bien a l'enthousiasme que nous leur portons, mais qu'il y en a d'autres que ca torture: parce qu'ils voudraient plus, parce que les habite une soif insatiable qu'on ne va pas pouvoir épancher. Les Bodanskis les appellent "undercomed", Aldous Huxley parle de non-régénérés mais c'est la meme chose. On cuisine tous avec de l'eau: on est pas différents. Et meme l'enfer n'est pas effrayant: Geh zu deinem Sehnsuchts' Rand*, vas-y voir. Comme Rilke, donc, dans Studenbuch, Comme Sade, comme Dante dans la divine comédie, comme Blake dans Jerusalem, comme Bach dans Deutsche Orgelmesse, comme Bernanos dans Journal d'un curé de campagne. Comme tout le monde quoi. Il n'est rien d'inexprimable, il n'est rien de chocant, il n'est rien d'impardonnable. Have fun finding out.

Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise

Blackbird singing in the dead of night
Take these sunken eyes and learn to see
All your life
You were only waiting for this moment to be free.

Blackbird fly, Blackbird fly
Into the light of a dark black night.

Blackbird fly, Blackbird fly
Into the light of a dark black night.

Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise

The beatles, Blackbird


* va jusqu'au bout de ton Blues