Monday, July 31, 2006

Muriel

Bon, c'est pas éthique, toute cette enquète "sous couvert". J'ai pas l'accord des participants ni rien. Mais je suis embrigadée un peu malgré moi dans la sociologie des clochards qui squattent les marches de St Maurice sous ma fenètre et sous le regard bienveillant du platre des statues.

Muriel, c'est le prénom de quelqu'un que je ne connais pas. Peut etre qu'elle habite la, peut etre qu'elle passe de temps en temps par la. Quoi qu'il en soit, de temps en temps, mon voisin des marches appelle Muriel instament. A la manière dont il l'appelle, on dirait qu'elle passe la et qu'elle n'ecoute pas ses plaintes. Muriel... Muriel... oh Muriel.... Murielllllllllllll, Muriel!

On sent qu'elle a du partir, mais une autre personne s'est approchée. Mon voisin reprends un sourire enjoué, raconte un peu sa vie, c'est dur tout ca. J'imagine qu'il y a une petite transaction, que le pieton (la pietonne) lui file un euro ou deux. Qu'ils se font la bise, et échangent les prénoms. Font pendant cinq minutes semblant d'etre potes, semblant d'etres proches.

Parce que, vous ne le savez pas chers piétons lambdas du centre ville de Lille, mais vous faites aussi partie de mon étude illégitime. Et mes grands amis de la Church of Rome autant que les autres. Vous croisez mon voisin sur les marches, vous lui filez un euro, et vous vous laissez embrigader dans une complicité dont vous n'avez pas voulu et qui n'aura pas de continuité. Et qui aura pour effet tangible de le maintenir dans la meme galère physique, alcolémique, psychologique et spirituelle. En sciences sociales on parle d'"enablers". C.a.d. de gens qui permettent matériellement a une situation indésirable de se perpetuer.

Mon voisin souffre, intensément. Il appelle Muriel comme un enfant de quatre ans appelerait sa maman. Sauf que Muriel n'a pas l'engagement d'une mère envers lui et ne lui offrait son secours que ponctuellement (ce qui en soit est extrememement louable). La misère est psychologique. Mon voisin est abandonné par Muriel et par Patrice, son autre bienfaiteur démissionnaire, et par tout le monde après. Mon voisin n'a pas de toit et pas d'amis. Quand la solitude ou la lassitude lui pèse, il n'y fait pas face, il fuit dans la boisson. Mon voisin, a dix mètres du saint s*crement, ignore tout du confort spirituel. C'est la faute a l'ignorance. Et ouais.

Parfois, il arrete tous les passants en leur demandant du tabac. Moi j'en ai des clopes. Je ne les lui ai jamais données. J'assume absolument et j'affirme que si j'etais dans cette situation je ne voudrais pas qu'on m'en donne. J'aurais honte de lui donner une clope ou dix euros en sachant que je perpetue cette situation. Je ne pourrais pas justifier de mes actes devant personne.

Si j'etais lui, je voudrais qu'on me prenne par la main et qu'on m'amène aux alc*oliques an*nymes, je voudrais que quelqu'un voie en moi du potentiel et de la bonne volonté. Je voudrais que quelqu'un me fasse confiance. Je voudrais que quelqu'un m'estime.

Bon allez, je vais allez me fumer une clope a ma fenètre, en vis a vis, exprès. Tough love mon frère, tough love.

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Edit: Y'a pas mal de controverses sur les alc*oliques anonymnes. Les points les plus problématiques c'est que le mouvement est parfois percu comme "religieux" et que la définition qu'ils donnent de l'alco*lisme est celle d'une maladie permanente et inguérissable: tout ce que tu peux faire c'est t'empecher de boire et continuer de dépendre des autres membres du groupe.

En realité, l'idée principale c'est d'avoir l'occasion d'accepter de l'aide et une véritable source de support inconditionel et qui sera la sur la durée. Les croyants peuvent la demander a "D*eu", les autres peuvent faire confiance au "groupe" et ca marche aussi bien dans les deux cas.

Le coup de la maladie inguérissable est plus problématique. C'est une idée qui est la à mon avis pour que les gens persévèrent un peu dans le trip. Mais c'est extremement débilitant sur la durée. le genre a faire passer le message que "sans le groupe tu n'y arriveras pas". Trés problématique, donc.

Bref, c'est un mouvement montrueusement controversé mais qui marche super bien. Aux Etats Unis il était souvent prescrit comme décision de justice: "c'est les A*A ou la prison". Jusqu'a une décision assez récente qui reglementa que les A*A etant un groupe religieux, il n'etait pas légal d'y contraindre quiconque.

Un dernier point c'est que l'aco*lisme ne doit pas ètre confondu avec le "recreational drinking". Tu peux te saouler tous les vendredis sans que ca soit un problème d'alco*lisme. L'alco*lisme n'apparait qu'a partir du moment ou on boit pour fuir la réalité.

Tuesday, July 25, 2006

musique

Je suis en train d'écouter une bonne version de la Messe en Si (Edition Bach 2000, sous la direction de Niklaus Harnoncourt). Je voulais un directeur qui y aille mollo sur le saccadé mais qui laisse son peps a l'oeuvre! Choisir une interpretation, c'est comme choisir un parfum. Ca va ou ca va pas. Et celle la, elle va. Trés bien meme.

Et tant qu'on y est des déclarations préemptoires sans intéret particulier, le meilleur compositeur de monde c'est Händel. Meme Beethoven etait d'accord. "He is the greatest composer that ever lived. I would uncover my head and kneel before his tomb". -- Ludwig van Beethoven.

Monday, July 24, 2006

Amende honorable

Je suis une mauvaise langue. Je pensais rééllement que mes chefs se fichaient comme d'une guigne de mon boulot. Hors Ozzie m'a envoyé pleins de commentaires ce matin, son premier jour de vacances. Bien sur je saute sur les statistiques en premier(comme tout le monde, j'imagine): 258 minutes de reviewing, soit cinq heures. J'en avais la larme a l'oeil.

Thursday, July 20, 2006

Trahison

JOYEUX ANNIVERSAIRE !!!

Si je savais mettre des dessins et des animations sur le blog, je t'e,n mettrais des toutes kitsch avec clowns à nez rouge et ballons de baudruche à l'hélium...

Tuesday, July 18, 2006

Tu ne me vois jamais, Pierre, que tu ne die
Que j’étudie trop, que je fasse l’amour,
Et que d’avoir toujours ces livres à l’entour
Rend les yeux éblouis, et la tête alourdie.

Mais tu ne l’entends pas, car cette maladie
Ne me vient du trop lire ou du trop long séjour,
Ains de voir le bureau qui se tient chaque jour :
C’est, Pierre mon ami, le livre où j’étudie.

Ne m’en parle donc plus, autant que tu as cher
De me donner plaisir et de ne me fâcher :
Mais bien en cependant que d’une main habile

Tu me laves la barbe et me tonds les cheveux,
Pour me désennuyer, conte-moi si tu veux,
Des nouvelles du Pape, et du bruit de la ville.

Joachim du Bellay

Un emploi du temps bien rempli...

Je suis en train de lire un livre que je trouve très chouette. Ca s'appelle The Now Habit, de Neil Fiore.

Sa thèse, c'est qu'a notre niveau (c.a.d. hors de l'usine), on est pas des esclaves et on n'est pas obligé d'avoir une Work Ethic d'acier. La procrastination n'arrive que quand on a l'impression que le boulot est en train de nous bouffer la vie. Et souvent, quand on pense ca, c'est parce que c'est vrai.

Alors le but c'est de s'organiser une vie, et aprés, d'y inserer quelques plages de boulot hyper productives, le minimum nécéssaire pour atteindre nos buts définis par nous, et aprés de se casser a la plage. De toutes facon, personne n'est productif non-stop pendant huit heures tout les jours, alors cassons le mythe.

En gros, a bas l'ethique protestante et longue vie a l'ethique catholique (si tu me paies plus par heure, je bosse moins d'heures, c.f. Max Weber). J'ai résumé sa philosophie ci dessous:

Love it or leave it. You don't "have to" do something you keep saying you don't want to do. For example, if you don't want to write a thesis, you can look for another job that you would like more. There are plenty of other activities in the world.

"Unschedule". Never plan for work activities. Fill your timetable with fun activities that you really want to do. Get an empty timetable and write in the stuff you want to do with your life (reading in bed, eating our with friends, shopping, going to the cinema, decorating your house, planning a vacation, theatre, art, etc.).

Then try to "steal" some time for getting you work done. Don't "steal" more than 20 hours a week, and not more than five hours a day. If you have to be at work, make the remaining time enjoyable. (Coffee with colleagues, interesting stuff on the side, blogging, e-mailing, lunch…).

Whenever you "steal" some time for work, work for 30 minutes nonstop. Then take a break and do something enjoyable with your life. Then steal another 30 minutes. Etc… Never work for less then 30 minutes, because otherwise the insecurities that trigger procrastination can pop up (this is so hard, I'll never finish it, they'll think I'm stupid etc…). If you want to work for more time in a batch, that's fine, as long as you don't work more than 5 hours a day. Also, you must stop for breaks in the middle of a task. So that when you get back to it it's easy to jump right in.

When you have completed your 40 sessions of 30 minutes in a week. That's it. If you get fired, you'll find another job. If you get yelled at, you'll survive. Unless you're desperate to work more because you think your actual job is so damn cool. But unless it feels so, get the hell out and get a life.

We are not amused

Bon, je ne vous apprends rien, les Francais sont d'une rustrerie monstrueuse:

· Entre celui qui essaie de gruger la file.

· Celui qui gruge carrément la file, en méprisant carrément la galerie.

· Celui qui traine a regarder les cartes postales dans le fond du bureau de poste, et aboie sur le Pekin en début de file: C'EST MON TOUR, Y A DES GENS QUI ATTENDENT!

· La guichetière qui se met carrément a ouvrir son courrier et a le lire, alors que je suis plantée la, et que j'avais eu la delicatesse d'attendre qu'elle me fasse signe.

Je veux rentrer en Angleterre. J'critiquerai plus. Promi.

(Le pire c'est que je suis convaincue qu'au vu des standards Anglais, je suis encore assez mal dégrossie. Il doivent se dire que "that's so rude", a peine j'ai le dos tourné.)

Friday, July 14, 2006

Depuis qu'Eddy Mitchell est allé Nashville
Tous les rockers français ont carrément flippé
Ils ont pris leur guitare et ont quitté Belleville
Pour aller faire du rock là bas au U.S.A
Ils font du rock'n-roll à Memphis Tennessee
Avec des musicos qui assurent comme des bêtes
Ils vont à New Orléans ou à New York City
Pour trouver le meilleur feeling de la planète
Mais moi pour m'éclater pas b'soin d'aller si loin
Je joue du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing

Avec deux trois copains aussi mauvais que moi
On assassine Mozart, Bethov' et Chuck Berry
Avec le gros Lulu et sa guitare en bois
On fait du rock'n-roll qu'est carrément pourris
Dans les bouges de Lille et les bistrots de Tourcoing
Où la bière coule à flot sous des tonnes de frites
On fait danser le twist et le rock au copain
En jouant des vieux tubes de Johnny et d'Elvis
On a des blousons d'cuir et des vieux mocassins
On fait du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing

Un des ces quat' matins on deviendra des pop stars
A nous les hits parade et puis à nous Guy Lux
Même si on est mauvais on garde quand même l'espoir
De connaître la gloire la fortune et le luxe
Mais on n'oublieras pas notre pays natal
Et on retournera dimanche et jour de fête
Jouer comme autrefois dans tous les festivals
Pour trouver le meilleur feeling de la planète
On laissera pas tomber tous nos anciens copains
On f'ra du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing
On f'ra du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing
On f'ra du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing

Wednesday, July 12, 2006

More than slightly bitter

This time, I would like some serious red ink. I'm only going to ask this of you once over the three years, and after that I'll be fine on my own, I'll get the thesis professionally spell-checked and handed in near the 3 year-mark. And it will be a good thesis and will have been a quiet, diligent and mostly unproblematic student.

I would like you to really engage with what I've done. And I've read your stuff, I know what you're capable of. And I also know that I've not been getting that level of engagement. You just make do with whatever is on top of your head when we meet.

At the beginning, I thought this was legitimate, because I was on a steep learning curve and there was a lot of work I needed to do on my own before I could feel able to argue my points with you. Now I find it unforgivably paternalistic that you should devote plenty of time and wit to peer-reviewing anonymous articles and grant-proposals but deny this level of engagement to your own students on the grounds that "they're very good already".

Plainly, this is offensive. You are willing to share your wisdom to improve a stranger's work but not your own students' work. You are quite content to leave us right there in our mediocrity, to assert your superiority ("but it's excellent work at your level"), and because you don't gice a rat's ass about our work beyond submissions within research council deadlines and formal success in the viva.

I've always accepted it as a tacit contract that I would not waste your time and I never once did. In fact, I have demanded precious little of your time. But we now reach the point at which I resent you wasting MY TIME by showing up utterly unprepared and teaching me nothing. Right now, I am deeply insulted that you should consider my work, and me as a person, unworthy of your attention.

I think a little agonistic action is in order: at this stage you get to write the meanest, most insightful, most trenchant comments you can think of. Meanwhile, I get to read your wicked critique from hell it in the comfort of my own home, regain my composure with eye-pads and chamomile, get over it, address each single comment, and only then come out to face the world again.
I'm a bit gutted these days because I feel like my research is the very last on my supervisors's priority list, and I have to come to terms with this.

As long as I "pass", they seem to be as unconcerned as it gets. Nobody cares about my future, or the quality of my work. There's zero engagement or challenge on their part. So that really does not motivate me to do my best. I have to learn to find some form of internal motivation.

I just wanted the intellectual exchange. This is not happening and it hurts.

Tuesday, July 11, 2006

Another need to vent

Bon alors j'éspère que mon anonymat tient a peu près la route, parce que ca doit etre une blague. Mes superviseurs ne lisent pas mes draft chapters, et ils me cantonnent dans une demi-heure d'échange ou il n'y a que moi qui parle, mais qu'ils ponctuent de platitudes que j'avais déjà lues au début de l'année dernière. Aucun échange de substance. La corvée: De temps en temps il faut ticker la case du "contact avec les étudiants".

Et je suis verte de jalousie du fait qu'un minable qui n'a publié qu'un seul article grace a la clause "exotique" de son travail, se soit fait embaucher a Deville, passant devant des filles beaucoup plus calées, compétentes et publiées. La bonne nouvelle c'est que c'est un ancien postgrad de Deville, et que le népotisme semble fonctionner. Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle?

Et c't'autre conn*rd de Golden Boy, je l'aurais aussi. Hyper favorisé, grand, blond, dont le grand frère est déjà dans la profession, et qui arborait cranement un T-Shirt de l'equipe de foot des "staff" pour aller bosser, sous pretexte qu'il était en postdoc. Je déteste son posturing d'Alpha boy.

Je suppose que j'ai juste peur que ca ne m'arrive pas, que personne ne veuille de moi, et que je ne sache meme pas pourquoi, et que je n'aie aucun moyen de le savoir, et que je finisse caissière chez Aldi. Et la j'srais verte parce que ces deux la sont trop c*ns, et ca serait vraiment pas juste.

Sunday, July 09, 2006

Hélas ! si j’avais su, lorsque ma voix qui prêche
T’ennuyait de leçons, que, sur toi rose et fraîche,
Le noir oiseau des morts planait inaperçu ;
Que la fièvre guettait sa proie, et que la porte
Où tu jouais hier te verrait passer morte...
Hélas ! si j’avais su !...

Je t’aurais fait, enfant, l’existence bien douce ;
Sous chacun de tes pas j’aurais mis de la mousse ;
Tes ris auraient sonné chacun de tes instants ;
Et j’aurais fait tenir dans ta petite vie
Des trésors de bonheur immense... à faire envie
Aux heureux de cent ans !

Loin des bancs où pâlit l’enfance prisonnière,
Nous aurions fait tous deux l’école buissonnière
Dans les bois pleins de chants, de parfums et d’amour ;
J’aurais vidé leurs nids pour emplir ta corbeille ;
Et je t’aurais donné plus de fleurs qu’une abeille
N’en peut voir dans un jour.

Puis, quand le vieux Janvier, les épaules drapées
D’un long manteau de neige, et suivi de poupées,
De magots, de pantins, minuit sonnant accourt ;
Au milieu des cadeaux qui pleuvent pour étrenne,
Je t’aurais fait asseoir comme une jeune reine
Au milieu de sa cour.

Mais je ne savais pas... et je prêchais encore ;
Sûr de ton avenir, je le pressais d’éclore,
Quand tout à coup, pleurant un long espoir déçu,
De tes petites mains j’ai vu tomber le livre ;
Tu cessas à la fois de m’entendre et de vivre...
Hélas ! si j’avais su !

Hégésippe Moreau – Sur la mort d’une cousine de sept ans.

Relations de voisinage

A peine dans ma nouvelle chambre, j’ai pensé au poème de Rilke, “Du Nachbach Gott”. C’est sur qu’avec un voisin pareil je sais pas comment on va s’entendre mais ca va ètre épique. Autant l’architecture j’adore, autant le vitrail special torture juste sous ma fenètre, c’est bof. C’est decidé, je suis une Shavienne jusqu’au bout des ongles alors les executions, meme mystico-salvatrices, c’est non. Not in my name.

L’évéché doit distribuer des sandwichs ou quelque chose, car il y a beaucoup de sans abris, le jour et la nuit. Seulement il n’y a pas d’autres structures, alors le parvis c’est juste un squat à ciel ouvert, recouvert de vieux journaux et de bouteilles de bières, et qui sent la pisse. Les musulmans du coin sont choqués: “T’as vu comment ils traitent leurs églises, les gens y viennent prier et ca pue la pisse. Truc de ouf”. Deux fois par jour, la mairie passe le karcher proverbial, et plutot deux fois qu’une. C’est évidemment un noir qui fait l’éboueur, mais pouquoi préciser? C’est raciste de préciser. Et puis, il doit ètre un peu idiot quand meme: avec nos lois c’est pourtant si facile de trouver un autre job, ou un appartement, quand on est noir.

Dix heures du mat’ tout est nickel, les bourgeois peuvent venir écouter le concert de musique baroque gratuit-et-pas-prosélyte, ou voir l’exposition gratuite-et-pas-prosélyte. Il s’rait pas un peu hyperactif le curé? D’abord les sandwichs, après les concerts les expos, l’église tout le temps ouverte et deux messes par jour, en semaine. Sans compter que la facade a été reblanchie de bas en haut cette année. Eééé ben, ca bosse dur. Et elle est vraiment très jolie, son eglise St Maurice.

Revient la nuit. Moi, soit je bosse sur ma thèse, soit je me dis que je devrais bosser sur ma thèse, soit je rève de ma thèse en dormant (elle pas belle ma vie?). Les sans-abris sont toujours la, un mec chiale, hurle, cogne a une porte. Je me demande si je ne devrais pas appeler la DDAAS. Je commence a croire que mon respectable voisin s’occupe assez mal de ses enfants. Non mais c’est pas possible une misère psychologique pareille. Now they're broken and hard to repair (dixit Maxi Jazz). A croire qu’il ne leur a jamais offert une meilleure éducation.

For they know not what they do. Ben ouais.




* Du Nachbar Gott, traduction sauvage de Dany.

Du, Nachbar Gott, wenn ich dich manches Mal
in langer Nacht mit hartem Klopfen störe, -
so ists, weil ich dich selten atmen höre
und weiß: Du bist allein im Saal.
Und wenn du etwas brauchst, ist keiner da,
um deinem Tasten einen Trank zu reichen:
ich horche immer. Gib ein kleines Zeichen.
Ich bin ganz nah.

Toi, Di*u, mon voisin.
Si parfois je te dérange dans la nuit
Avec des grands coups dans la cloison
C'est que je t'entends trop rarement respirer
Et que je sais que tu es seul dans cette salle
Et si tu as besoins de quelque chose il n'y a personne
Pour porter a boire a tes lèvres
Alors j'écoute attentivement
Si tu fais le moindre signe
Je suis a coté.

Nur eine schmale Wand ist zwischen uns,
durch Zufall; denn es könnte sein:
ein Rufen deines oder meines Munds -
und sie bricht ein
ganz ohne Lärm und Laut.

Entre nous il n'y a qu'un mur fin,
Si par hasard, parce que ca se pourrait bien,
Un appel provenait de ta bouche ou de la mienne
Le mur s'écroule
Sans le moindre bruit.

Aus deinen Bildern ist sie aufgebaut.

Ce mur est fait d'images peintes

Und deine Bilder stehn vor dir wie Namen.
Und wenn einmal in mir das Licht entbrennt,
mit welchem meine Tiefe dich erkennt,
vergeudet sichs als Glanz auf ihren Rahmen.

Ces images sont devant toi un comme les mots.
Et si en moi la lumière s'éteint
avec laquelle ma détresse t'apprehende.
Elle se perde comme le brilliant des encadrures. (Bizarro, mais c'est Rilke)

Und meine Sinne, welche schnell erlahmen,
sind ohne Heimat und von dir getrennt.

Et mes sens, qui s'épuisent
sont sans patrie et séparés de toi.


(Cela dit, celui la de poeme j'aime pas trop. Trop douceureux, trop codépendent, pas assez Nietszchéen. Par contre, "Gott spricht zu jeder nur", c'est de la bombe!)

Friday, July 07, 2006

Ca m'étonne pas trop...

You Belong in Amsterdam

A little old fashioned, a little modern - you're the best of both worlds. And so is Amsterdam.
Whether you want to be a squatter graffiti artist or a great novelist, Amsterdam has all that you want in Europe (in one small city).

Sunday, July 02, 2006

Encore une attaque de smug-marrieds!

J’ai comme envie de couper tous les ponts, tellement ca me gave. Parce que j’en ai marre d’etre la destinataire privilégiée de leur grande nouvelle, et sur la durée, de me prendre dans la tete leur campagne de relation publiques sur comment ils sont trop heureux (alors qu'ils ne m'ecrivent jamais sinon). Comme si le fait que je bave devant les remplissait d’aisance, comme si c’etait le souvenir de la solitude qui cimentait leur couple.

Le pire c’est quand c’est les memes avec qui on se lamentait il y a deux ans que personne ne nous aime, ou alors des gars qui savent pertinemment que je les aimais bien. Je leur souhaite a tous un beau divorce. Les célibataires et les smug-marrieds, c’est comme les patrons et les exploités du tiers monde, ils ont des interets contradictoires. Un point une barre.