Friday, December 16, 2005

Catharsis

Je sais j'arrive largement apres la bataille. Mais Breaking the Waves est quand meme carrément beau comme film.

Wednesday, December 14, 2005

Making Europe feel like home

Ce titre n'est pas le début d'un post bien lyrique. C'est la devise du pire endroit ou j'ai pas envie d'etre: Frankfurt Hahn.

Air Scotland a arreté la ligne Glasgow Paris. Pourtant j'aimais bien cette ligne qui partait de l'aeroport de Glasgow arivait a CDG3, et en deux temps trois mouvements tu etais dans le train pour Strasbourg.

La, je paye mon billet 0.01 pounds. Et ce a une semaine de Noel. Et j'aterris a Frankfurth Hahn, qui est quand meme a 100km de Frankfort, et au milieu de nulle part. Vu que j'aterris a minuit, je vais avoir droit a une nuit d'hotel a l'Eurocity -meme la MCR est plus chaleureuse- avant de me taper 2h30 de bus jusqu'a Karlsruhe.

P'tain le Cosmopolitain allemand du mois de décembre a interet d'etre bien.

Tuesday, December 13, 2005

Spaghettis al weirdo

Bizzarement, j'apprécie pas les spaghettis trop lisses, ceux sur lesquels la sauce bolo glisse si bien qu'on finit par manger d'abord les spaghettis, et apres la sauce. Les spaghettis collants c'est pas le top non plus, et puis d'abord "la colle" des spaghettis ca n'accroche pas la sauce, juste les autres spaghettis.

J'aime bien les spaghettis rugueux. C'est pas si original que ca: mon Sal y Pepe importé spécialement d'Italie recommande bien de choisir ses pates en fonction du degré d'adhérence de la sauce. C'est pour ca que les italiens ont des pates en forme de "radiateurs" ou de "coquillages", ca récole un max de sauce.

Mais les radiateurs a la bolo ca fait tout de suite moins terroir. Heureusement, Goddess Carnet vous livre la solution pour rendre les spaghettis plus rugueux et accrocheurs de sauce. Bref: pour une casserole de spaghettis, prenez une cuiller a soupe de peanut butter, trois cuillers a soupe d'huile d'olive, trois cuillers a soupe de grana. Melanger le peanut butter avec l'huile d'olive et ajouter sur les spaghettis, remuer. Ajouter le grana, remuer. Vous avez des spaghettis rugueux qui accrochent n'importe quelle sauce.

Diagnostic: surexposition aigue aux bacilles brittanicus et postmodern-sociologicus.

Prescription: E.T. téléphone maison.

Saturday, December 10, 2005

If you can't stand the heat, get out of the kitchen !

Ca m’a fait rire quand Mimile décrit son institution dans les Midlands comme “la fac la plus méchante et capitaliste du monde”. Je pense que Deville est dans la course, sauf que c’est pas la Fac, c’est le département qui est rempli de dynamiques capitalistes.

Desfois j’aime bien ça: être entouré par les meilleurs chercheurs de sa discipline et certains des meilleurs étudiants, attirer les académiques comme des guepes sur un pot de confiture. Croiser des grosses stars dans les couloirs et dans les seminaires, et pouvoir se permettre de tout mystifier un peu, et s’étonner de l’effet halo que le département exerce à l’extérieur.

Aller a un séminaire pour postgrads avec son superv’ et se tripoter les ongles tout en déplorant silencieusement le niveau des autres participants. Se dire qu’on va encore passer pour des snobs quand ca sera notre tour de presser, et que notre présentation sera introduite par: Silverboy is being supervised by Oz’, who so far has been most successful in securing scholarships with this programme.

Aller a la conférence nationale, et voir tous ses profs appelés par leur prénom lors des débats, et observer aussi la frustration visible des autres. Visible, c’est un terme trop faible: j’en ai vu au bord des larmes, reprochant à la clique du centre de “parler trop doucement pour exclure les autres chercheurs”. J’en ai vu répondre à une présentation de la star par une critique monosyllabique piochée ailleurs et incapable de developper. Et je me suis vue penser: You’re making fools of yourselves!

Ce que je savais à part moi, c’est que tous avaient peur, tous essaient pétrifiés par l’effet halo. Et tous avaient envie de participer, tout en sachant pertinemment qu’en n’ayant pas été exposés aux bonnes idées ni aux bonnes personnes, ils n’avaient pas les bases pour prendre part à un débat qu’ils ne maîtrisaient pas.

Shoot hem! J’ai pensé, le superviseur de Trifouilli les alouettes, qui pense former sa doctorante en lui apprenant des trucs dépassés depuis 25 ans. Elle a droit a un superv’ moins con. Vous bousillez son intellect. Oh putaing, j’ai pensé, quand j’ai rencontré quelqu’un ayant été supervisé par une académique de deuxième zone, et qui lui faisait lire ses propres livres.

J’aurais voulu dire que ce qui paralyse, c’est la peur. C’est l’appréhension qui fait qu’un chercheur surdiplômé n’ose pas attaquer la star avec sa propre critique, et qui reproduit les critiques validées par d’autres stars en doutant de son propre génie. Ils n’osent pas – ou n’osent plus- s’engager dans les débats actuels.

Mais, c’est pas tout, je voulais parler des dynamiques entre étudiants dans mon department 5*. Dire que le favoritisme est de rigueur et que c’est ce même favoritisme qui fait tourner la machine. Logique capitaliste: sors dehors si t’es un homme!

On commence au centre équestre. Y’a une gamine que ses parents amenant pratiquement tous les jours de la semaine. Elle monte régulièrement et traîne tout le temps la. Par émulation, une autre flopée de gamines tannent leurs propres parents pour y aller aussi, les parents cèdent: Une fois par semaine.

Le truc, c’est de rendre certaines gamines “insider” tout en laissant croire aux autres qu’elles pourraient y arriver aussi. Favoriser outrageusement la premier gamine, et commencer à en favoriser une ou deux. Très rapidement, toutes les gamines essaient de venir le plus possible, font de plus en plus de Zele, se battent pour nettoyer les stalles, et bien sur paient plein pot un maximum d’heures d’équitation.

Deville c’est pareil: Favoriser outrageusement un postgrad, lui téléphoner au bureau pour lui demander de faire une serie de lectures, l’aborder devant sa cohorte pour lui demander des references d’articles tout en restant tres proffessoral avec les autres.

Automatiquement: tout le monde est jaloux et tout le monde trame comme des imbéciles pour avoir les mêmes privilèges, qu’ils ne risquent pas d’avoir de si tôt.
La confiance du poulain prend des proportions énormes. Ceux d’a coté se sentent cons. Très bon, ça.

Dans la distribution des teaching tasks, ne surtout pas se préoccuper d’équité. C’est le manque d’équité, corroboré par l’illusion du mérite personnel qui fait tourner le capitalisme. Si Poulain se retrouve responsable de tout un cours et les autres se tapent les séminaires de statistiques, c’est parce que Poulain il est meilleur. Bah voyons!

Equité, connaît pas: On va reprendre le même postgrad chaque année pour faire les fieldtrips. Parce qu’il était bon l’année dernière, cette année il sera encore meilleur. Le fait qu’on soit 35 postgrads et que seulement 4 d’entre eux auront l’opportunité de faire trois fieldtrips n’effleure pas nos académiques de goche, qui se reservent le doit de “handpicker” les postgrads qu’ils préfèrent.

La jalousie est intense. J’ai perdu des soi-disant potes à cause de Berlin, mais je m’y attendais: A Deville, il y a deux positions: la petite mite qui de toute facon est pas dans la course, ou le rival qui risque un jour de vous piquer un job sous le nez parce qu’il ou elle a aquis plein d’experience. L’experience et l’assurance qui permettent entre autres, de ne pas etre tout penaud dans une conference nationale.

Vous voulez du 5*? Dynamisez vos postgrads a grands coups de dynamiques compétitives. T’facons ils sont murs pour ça vu qu’ils sont seuls au monde et ont besoins de votre approbation. Avec un peu de chance, ils publieront leur propres trucs (même dynamique: Poulain, I think you should start publishing) et boosteront votre recherche.

Thursday, December 08, 2005

La cuisine pour la self-esteem

Pour les accros du développement personnel que nous sommes, j'ai trouvé un exellent moyen de travailler sur la self-confidence et sa self-esteem : la cuisine.

Je me suis découvert dernièrement une véritable passion pour l'art culinaire, au point de parfois penser que je pourrais vouloir en faire un métier. Le fait est que, par cette activité créatrice, je me retrouve à développer mon imagination, mon sens de l'observation, mon plaisir de tester.
Ce qu'il y a de terriblement valorisant dans ma nouvelle activité, c'est les compliments des amis qui servent de cobayes pour goûter.
Ce que j'aime, c'est de créer pour partager.
Ce que j'adore, c'est de chercher de nouvelles recettes, les customiser, les faire à ma façon.
Ce que je préfère, c'est de le faire à plusieur, tous réunis autour de ce stupide saladier à se demander ce qu'il manque pour que le gateau soit parfait.

Ma cuisine s'est transformée en laboratoire où siègent moultes bocaux et boites aux contenus plus ou moins louches, tous faits maison. Mon appartement est devenu un lieu de rencontre où les gens défilent autour d'une assiette ou d'un bol.
Etonnament, par la création culinaire, je me suis trouvé une passion pour les autres, ces gens avec qui je partage ma ville et maintenant ma vie.
Rien de tel pour l'intégration sociale et la confiance en soi qu'une bonne bouffe à la maison !

J'aurai mis que 22 ans pour m'en rendre compte...

Vik

Wednesday, December 07, 2005

The music of the night

De temps en temps (une fois par an), je me lis un bon roman du 19 ou 20e siecle bien morose, profond et tortueux. Le premier c'etais La Chute (Camus), suivi de pres par La Peste. Apres il y a eu la Confusion des Sentiments (Zweig) la Lettre au Père (Kafka), La pitié dangereuse (Zweig), le Journal d'un Curé de Campagne (Bernanos), Les Freres Karamazov (Dostoievsky). C'est le coté sombre de la force, et c'est tout.

Vu que d'habitude je suis le genre a relire 5 fois les Quatres Filles du Dr Marsh, ou a musarder dans Thomas A Kempis. Ca doit pas etre trop grave.

Mais celui la, je le vois venir, il s'approche depuis quelques jours, et je vais m'engoufrer irrémédiablement dans sa sourde obscurité.

I'm not a girl...

... not yet a woman. Y'avais un vieux post sur le blog de Maia qui paralait de cette somptueuse oeuvre d'art et de poesie.

Britney, c'est mon créneau aussi. Les méthodes qualitatives me bousillent la personnalité. Mon charme est de plus en plus délibéré. J'ai une approche mercenaire de la relation humaine avec mes répondants. Je sais qu'il ne faut pas arreter de draguer, juste arreter d'etre cynique, mais comme je ne fait que debuter c'est pas facile a gerer.

Tuesday, December 06, 2005

Les grandes eaux

Encore une soirée a la con. Mes potes de l'année derniere ont quitté Deville. Il en reste deux ou trois et on se connait pas super bien. Ceux que je préfere sont tres ancrés dans la région et overbookés. Moi je suis la newcomer. Je me sense seule. J'ai envie de faire des trucs normaux. J'ai envie d'aller a des tas de concerts. J'ai envie d'etre celle a qui on pense quand on fait quelque chose. Pas la newcomer qui tag along parfois.

Ce soir, bonheur, je sort avec la cool factory. Il a les cool et les wannabee cool. Il y a aussi Bouletor et deux trois autres lambdas. Ceux que j'aurait voulu voir sont occuppés ailleurs. Je me sens seule. Ma supervision etait pourrie, j'ai jamais vu BH aussi absent, presque cassant. Je sais a quoi c'est du: y'a son connard de writing buddy qui etait venu passer le week-end. J'avais prévu de discutter quelques idées a moitié cuites pour mon prochain papier. Mauvaise idée, il n'accroche pas, il ne suit pas le raisonnement et ne voit pas vraiment le potentiel. J'voudrais aller a des conférences, tous les troisieme années en ont faite 4 ou 5 a mon niveau. Il m'encourage pas. Ca me fait super mal.

Eh Manu rentre chez toi y a des larmes plein ta biere. Enfin non, y a pas des vraies larmes mais presque. J'en ai marre, marre de dire salut a des gens qui ne voudraient pas passer une apres-midi avec moi. C'est pas grave, moi non plus, mais c'est juste que j'ai vraiment besoins d'un binome. De quelqu'un qui aurait commencé comme moi, au meme niveau, et qui soit dans la meme galere. Une sorte d'alter ego avec qui on passerait plein de temps, sans se peser mutuellement. Y'a pas. Dans mon année y'a pas. Et ce qui me pese le plus c'est que les autres ont des binomes. Coup de bol ou autre, ils se trouvent et font de leur experience quelque chose de vraiment chouette, comme Tajel et Cecilia.

Eh Manu rentre chez toi... ouais, mais j'ai pas de chez moi, je suis censée dormir chez un des lambdas, qui habite super loin. Il est a peine minuit, j'ai envie de chialer. J'ai envie de chialer et que quelqu'un comprenne, mais ca c'est un luxe. J'ai l'impression d'etre une SDF. J'ai pas la force de faire semblant. Je fixe le fond de ma demi-pinte pratiquement vide. Je suis crevée, burnt out, le barman croit que je suis bourrée mais c'est meme pas le cas. Je me sense scruffy a cause de mon Jeans qu'a trop trainé dans les flaques. Comme on a pris le chemin des bois, il est carrement crade, et mouillé. J'annonce que je vais squatter la MCR au lieu de dormir chez Lambda. Je quitte le bar qui reste ouvert tard, et en plein dans la rue je me met a pleurer en marchant. En catimini, je m'infliltre dans la MCR. La, sous sur un canapé en cuir et sous les lustres en cristal de mon college tradi, je m'éfondre et je chiale toute la nuit, en me disant que pour une SDF, je suis une SDF de luxe

Monday, December 05, 2005

Histoire d'un mythe

Je viens juste d'avoir une supervision avec BH. Pas terrible terrible: ca lui reussit pas les research leaves. Je l'ai trouve placatif et nerveux, il avait envie de cocher les bonnes cases, d'avoir une supervision qui se passe bien, en trente minutes de preferences. Envie de causer, mais pas le temps ni l'energie de discutter vraiment.

Apres, on est montes prendre un cafe parce qu'il en avait marre de la supervision. On est tombes sur Bouletor. Les deux n'ont pas echange un seul mot. Bouletor essayait tant bien que mal de causer, mais il enervait visiblement BH, qui n'avait pas du tout envie de lui causer.

Moi j'avais ete plutot contente de tomber sur Bouletor. Je voulais voir comment BH s'en sortirait. J'avais envie d'un petit fix de sa legendaire personnalite, qui m'inspire enormement. Amatrice d'ames, je savoure le spectacle comme on goute un bon vin, avec delectation. Sauf que BH c'etait pas son jour.

Et que bouletor avec sa false compliance il nous pourrit le monde. J'avais reve d'un charme qui soit tellement conquerant qu'il nous englobe meme bouletor. Mais le charme et l'energie, ca se travaille en fait. J'ai decouvert ca a force. Il y a meme des devoirs, comme de ne pas se coucher en colere, des trucs comme ca. La legerete est fragile et exigeant, la lourdeur est stagnante.

Thursday, December 01, 2005

Cool Factory

J'ai envie de me faire une petite collec' de charactères. Un petit Zoo qui recenserait ce qu'on trouve dans mon habitat naturel: Un phénomène qui m'interesse depuis quelque temps, c'est la Cool Factory a Déville. Le principe:

Ne lire que des livres de théorie sociale d'auteurs tres en vogue mais completement marteau (le genre qui recommandent un nouveau rapport a ses propres excrements en tant que libération culturelle, je n'invente rien). Les lire absolument tous et se faire envoyer des colis par Amazon deux fois par semaine.

Ecrire un doctorat sur "le sentiment qu'on a quand on est dans un train" a l'aide de tout ce beau monde.

Vivre sur une scholarship comme si ils etaient des bobos trendy. Se racheter un nouveau téléphone tous les deux mois, redecorer et repeindre leur maisons de location et s'acheter des ordinateurs portables blancs immaculés de chez Apple.

Jouer au prof des qu'ils peuvent, en organisant des sessions postgrads dans lesquelles ils se donnent un plaisir fou a flatter l'intervenant pendant 25 minutes. prepare ladite flatterie pendant une semaine.

Critiquer tout et tout le monde d'une facon vraiment méchante, tout en se donnant l'air d'etre honnetes et de parler vrai: "I'm sure he washes with the absolute cheapest soap he can get at some cheap supermarket ugh".

Etre tres poli et sirupeux dans leur interactions avec tout le monde, et avec ceux dont ils critiquent le savon, facon "noblesse oblige". Ecraser l'autre avec leurs manières super travaillées et le déstabiliser le plus possible avec un humour méchant. Prendre un plaisir visible a se voir agir de manière si cool et démocratique.

Envoyer de la poudre aux yeux a tout le monde, destabiliser les profs un max avec les théories que personne n'a lues, pour pouvoir prendre un air de supériorité.

Etre absolument surs de décrocher un job a la sortie du doctorat parce qu'ils sont soit disant "on top" de tout ce que les autres ont fait en socio les 50 dernieres années, mais aussi "at the cutting edge" de la discipline avec un potentiel de publication hallucinant.



Parfois, je me laisse happer par leur assurance, comme une adolescente de 13 ans timide et "pas cool". Je me dis: je suis au meme endroit avec la meme scholarship et les memes profs, je pourrais faire pareil si je jouait leur jeu. Sauf que je peux pas lire leurs conneries: j'ai un sujet de thése hyper sérieux, et je me dépatouille dans du John Stuart Mill. C'est pas compatible avec leurs délires, et j'ai une démarche empirque a conduire, pas le temps pour ces délires. Mais j'ai peur que justement, avec ma thése -ce paquebot bien solide et bien ancré dans des préoccupations millénaires- je perde de la vitesse face a ces petits teigneux.