Saturday, December 10, 2005

If you can't stand the heat, get out of the kitchen !

Ca m’a fait rire quand Mimile décrit son institution dans les Midlands comme “la fac la plus méchante et capitaliste du monde”. Je pense que Deville est dans la course, sauf que c’est pas la Fac, c’est le département qui est rempli de dynamiques capitalistes.

Desfois j’aime bien ça: être entouré par les meilleurs chercheurs de sa discipline et certains des meilleurs étudiants, attirer les académiques comme des guepes sur un pot de confiture. Croiser des grosses stars dans les couloirs et dans les seminaires, et pouvoir se permettre de tout mystifier un peu, et s’étonner de l’effet halo que le département exerce à l’extérieur.

Aller a un séminaire pour postgrads avec son superv’ et se tripoter les ongles tout en déplorant silencieusement le niveau des autres participants. Se dire qu’on va encore passer pour des snobs quand ca sera notre tour de presser, et que notre présentation sera introduite par: Silverboy is being supervised by Oz’, who so far has been most successful in securing scholarships with this programme.

Aller a la conférence nationale, et voir tous ses profs appelés par leur prénom lors des débats, et observer aussi la frustration visible des autres. Visible, c’est un terme trop faible: j’en ai vu au bord des larmes, reprochant à la clique du centre de “parler trop doucement pour exclure les autres chercheurs”. J’en ai vu répondre à une présentation de la star par une critique monosyllabique piochée ailleurs et incapable de developper. Et je me suis vue penser: You’re making fools of yourselves!

Ce que je savais à part moi, c’est que tous avaient peur, tous essaient pétrifiés par l’effet halo. Et tous avaient envie de participer, tout en sachant pertinemment qu’en n’ayant pas été exposés aux bonnes idées ni aux bonnes personnes, ils n’avaient pas les bases pour prendre part à un débat qu’ils ne maîtrisaient pas.

Shoot hem! J’ai pensé, le superviseur de Trifouilli les alouettes, qui pense former sa doctorante en lui apprenant des trucs dépassés depuis 25 ans. Elle a droit a un superv’ moins con. Vous bousillez son intellect. Oh putaing, j’ai pensé, quand j’ai rencontré quelqu’un ayant été supervisé par une académique de deuxième zone, et qui lui faisait lire ses propres livres.

J’aurais voulu dire que ce qui paralyse, c’est la peur. C’est l’appréhension qui fait qu’un chercheur surdiplômé n’ose pas attaquer la star avec sa propre critique, et qui reproduit les critiques validées par d’autres stars en doutant de son propre génie. Ils n’osent pas – ou n’osent plus- s’engager dans les débats actuels.

Mais, c’est pas tout, je voulais parler des dynamiques entre étudiants dans mon department 5*. Dire que le favoritisme est de rigueur et que c’est ce même favoritisme qui fait tourner la machine. Logique capitaliste: sors dehors si t’es un homme!

On commence au centre équestre. Y’a une gamine que ses parents amenant pratiquement tous les jours de la semaine. Elle monte régulièrement et traîne tout le temps la. Par émulation, une autre flopée de gamines tannent leurs propres parents pour y aller aussi, les parents cèdent: Une fois par semaine.

Le truc, c’est de rendre certaines gamines “insider” tout en laissant croire aux autres qu’elles pourraient y arriver aussi. Favoriser outrageusement la premier gamine, et commencer à en favoriser une ou deux. Très rapidement, toutes les gamines essaient de venir le plus possible, font de plus en plus de Zele, se battent pour nettoyer les stalles, et bien sur paient plein pot un maximum d’heures d’équitation.

Deville c’est pareil: Favoriser outrageusement un postgrad, lui téléphoner au bureau pour lui demander de faire une serie de lectures, l’aborder devant sa cohorte pour lui demander des references d’articles tout en restant tres proffessoral avec les autres.

Automatiquement: tout le monde est jaloux et tout le monde trame comme des imbéciles pour avoir les mêmes privilèges, qu’ils ne risquent pas d’avoir de si tôt.
La confiance du poulain prend des proportions énormes. Ceux d’a coté se sentent cons. Très bon, ça.

Dans la distribution des teaching tasks, ne surtout pas se préoccuper d’équité. C’est le manque d’équité, corroboré par l’illusion du mérite personnel qui fait tourner le capitalisme. Si Poulain se retrouve responsable de tout un cours et les autres se tapent les séminaires de statistiques, c’est parce que Poulain il est meilleur. Bah voyons!

Equité, connaît pas: On va reprendre le même postgrad chaque année pour faire les fieldtrips. Parce qu’il était bon l’année dernière, cette année il sera encore meilleur. Le fait qu’on soit 35 postgrads et que seulement 4 d’entre eux auront l’opportunité de faire trois fieldtrips n’effleure pas nos académiques de goche, qui se reservent le doit de “handpicker” les postgrads qu’ils préfèrent.

La jalousie est intense. J’ai perdu des soi-disant potes à cause de Berlin, mais je m’y attendais: A Deville, il y a deux positions: la petite mite qui de toute facon est pas dans la course, ou le rival qui risque un jour de vous piquer un job sous le nez parce qu’il ou elle a aquis plein d’experience. L’experience et l’assurance qui permettent entre autres, de ne pas etre tout penaud dans une conference nationale.

Vous voulez du 5*? Dynamisez vos postgrads a grands coups de dynamiques compétitives. T’facons ils sont murs pour ça vu qu’ils sont seuls au monde et ont besoins de votre approbation. Avec un peu de chance, ils publieront leur propres trucs (même dynamique: Poulain, I think you should start publishing) et boosteront votre recherche.

1 comment:

Anonymous said...

long life to the 5* RAE