Saturday, November 12, 2005

Constitution du Sujet

Les sciences sociales, c'est une secte, je ne vous apprends rien.

Il y a des tas de regles, seulement elles ne sont écrites nulle part. Tout ce qu'on a c'est des modèles plus ou moins réussis qu'il s'agit d'imiter. Un bon disciple passera des années a observer les profs et leurs articles, de facon a se reconsttituer une petire idées des commandements en vigueur. C'est une question de tenacité.

Bien sur en imitant ou se plante: c'est pas évident de savoir quels traits imiter. En plus, comme on n'a pas de vision globale, ca fait desordre. Un peu comme un américain essayant de parler avec un accent British, mais ratant son coup sur certains mots. On y décèle trop facilement l'effort de chaque instant et le manque de pratique.

Mais un bon disciple reste humble, et se mange ses ratés dans la gueule sans broncher, sous la sourde et douceureuse condescendence de ses maitres.
Il se reconstruit, et en s'appropriant les codes en vigueur il désavoue aussi ce qu'il était avant, et se demande réguliérement: "Mais c'est qui ce débile qui se promenait avec mon nom il y a deux mois?"

Par example, mon proposal pour Chicago (voir ci dessous): j'en était hyper fière. Ben en fait un peu de recul, il est assez bancal, surtout le dernier paragraphe ou l'affirmation paradigmatique est présentée comme une évidence. C'est évident que des pans entiers de littérature n'ont pas été pris en compte. Mais c'est qui la débile qui utilisait mon nom a l'époque?

Le pire c'est que rougir a posteriori, c'est devenu une habitude: "Rho putain comme elle est trop mal conceptualisée ta notion de culture dans ton papier pour Londres". Et donc je rougis a par avance de mes tres probables rougissements futurs, parce que des ratés dans ce genre il y en aura encore.

C'est surtout la condescendence d'Ozzy et BH qui m'énerve. Je sais pas a quoi elle est due. En étant le plus généreux possible, je suppose qu'ils préfèrent me voir identifier seule mes erreurs. S'ils me donnaient systématiquement les réponses, je pourrais devenir trop dépendante de leur feedback et pas assez sure de mon propre jugement. Par principe, les lascars ne répondent qu'a des questions trés précises.


Dany: Je vais finir par m'acheter un superviseur gonflable: vous ne faites que repeter que "c'est cool" depuis un an. T'facons vous jouez pas le jeu vous etes jamais critique de personne.

BH: T'inquiete pas, on les démolit bien les autres prof dans les peer reviews.

Dany: I'm not buying it. Je crois ce que je vois.

BH: Okay -il imprime une peer review formulée avec beaucoup de charme, de diplomatie et d'encouragements. Mais théoriquement c'est un rouleau compresseur, le pauv' gars s'en sortira pas vivant-

Dany: ET BEN WALA! T'as plus qu'a faire pareil avec mes papelards.

BH: Nan, c'est pas prévu, t'es en premiere année de thése. Ce mec est en fin de carrière.

Dany: That's just condescending.

BH: Pas vraiment. Vu que t'avances vite, de manière autonome et que t'es en train de rattrapper tout ce beau monde: I don't want to interfere.


Le superviseur gonflable, combiné a des cassettes de positive thinking, c'est peut etre pas une si mauvaise idée.

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