Sur ma planete, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. La grosse majorité des homo sapiens est adorable et pleine de bonne volonté. En plus, je passe un temps fou a apprecier ce que j'ai, parce que c'est déjá énorme, et que matériellement parlant, c'est impossible de se plaindre: Des amis que j'adore, un boulot génial, des chefs géniaux, un environnement intellectuel stimulant et chaleureux, le tout dans un pays dont la culture n'a jamais cessé de m'inspirer, depuis Shakespeare jusqu'aux évidences du langage de la rue. A la manière de Madame de Stael, je savoure l'esprit du lieu. Cette tolérance souriante, cette mansuétude, ce sens de la confiance, qui enchantait Voltaire...
Ma devise pourrais etre celle de Bertrand Barere: Quoique leurs chapeaux sont bien laids, Goddam! j'aime les anglais. (et les écossais ausi, par extension.
Je passe aussi plein de temps a apprecier les gens, tous les gens, a une ou deux exeptions pres. Je les imite tellement je les trouve cool -L'imitation étant la forme la plus sincére de flatterie-. Je leur pique des attributs de caractère, des qualités que j'admire, je prend des notes en douce. Je leur dit pas. Defois j'aimerais bien mais l'usage veut qu'on reserve les éloges aux morts (Faut il citer Shakespeare et renforcer mon propos: Men's evil manners live in brass; their virtues we write in water! ce pays est inspiré, vous dis-je).
C'était compter sans le cynisme de certains, pour qui cet enthousiasme n'est qu'intérèt personnel et leche-bottisme. Leur vocabulaire, loin des envolées oblatives des philosophes, se résume a: "cynical", "self-interested", "climbing the greasy pole", "manipulative", "uncaring", "using people when they can serve you".
En socio, on parle de "discours": un set cohérent de propositions a travers lequel on voit le monde.
B. un pote de fac l'année dernière, adorait qu' on aille au pub. Il aimait bien mon enthousiame, que j'avais du mal a cacher. Il le disait meme: "I love your enthusiasm". Il était en masters et voulait faire un PhD. A m'écouter, faire un Ph.D. c'était le paradis sur terre, ca valiat le coup de sacrifier un bras ou une jambe tellement c'etait putain de trop cool! On passait pas mal de temps ensemble.
Pour des raisons que j'ignore en partie, son attitude a changé vers le milieu de l'année. Il s'est mis a critiquer la culture de notre département, et la culture de notre discipline académique, et a dévaluer la carrière académique par la meme occasion: mal payée, que du lechage de bottes et de la course a la gloire, mal organisée et discriminatoire par dessus le marché.
Mon "enthousiasme" n'avait plus rien d'enviable: je fermais les yeux, je jouais le jeu, j'etais vendue, je ne pensais qu'a moi et a ma petite carrière, que selon lui j'aurais jamais de toutes facon: une femme, et étrangère par dessus le marché, avec la compétition qu'il y a, je me leurrais.
Il est devenu calculateur, refusant de répondre a mes questions anodines sur tel ou tel auteur. Il avait été premier de sa classe en undergrad, finissant avec un 87% ou un truc du genre. Il était au top théoriquement et connaisait le département comme sa poche. Ca ne lui aurait rien couté, trentes secondes d'attention peut etre. Mais il ne souhaitait pas partager sa science durement acquise avec une petite arriviste aux dents longues. Je lui en voulais un peu, mais sans plus.
Il me parlait de ses doutes pendant des heures, mais quand je parlais des miens, de ma peur intestine de ne pas y arriver, au lieu de me rassurer il remontait sur ses grands chevaux et me disait d'un ton froid, avec un petit mona-lisa smile en coin: "It's good to be challenged" ... "I mean it's good to be cruising too, and I definitely enjoyed it, but challenge is good, and you'll get there".
J'aurais du tiquer bien avant. J'étais pas censée dire a qui que ce soit qu'il n'allait pas accepter sa scholarship, pour lui laisser le temps de le dire lui meme a qui il voulait. Fair enough.
L'annonce des scholarships, c'est le moment le plus intense de l'année, l'adrénaline est au max. On a une dizaine de masters qui comme moi revent nuit et jour d'avoir du funding. Cette année tout le monde l'avait eu, c'etait une trop bonne nouvelle. Au sujet de B. on était censé dire: "I don't know if he got it, I haven't seen him". au bout de trois semaines, j'en ai parlé sans faire gaffe, partant du principe que tout le monde savait pour B. On ne parlait tellement que de ca.
En fait non, B. attendait de ses potes qu'il gardent un secret absolu ad vitam aeternam. Trois semaines apres les faits, il n'avait meme pas prévenu ses supervieurs qui s'etaient donné un mal de chien a l'aider dans son proposal. La date des annonces est fixe: tout le monde a la réponse en meme temps. Trois semaines apres les faits, ses superviseurs, dont BH, ne savait toujours pas si B. avait oui ou non décroché une bourse, et ils étaient morts d'inquietude par dessus le marché.
Ils ont fini par apprendre la décision de B. par le téléphone arabe. Et apparemment c'était moi qui avait laché l'info. B. était furieux, il m'a pratiquement hurlé dessus: "You're such a bitch, you've been using me all year for information instead of doing your own research, you only care about what I could bring to you, when it came to salvaging my own feeling you stabbed me in the back and betrayed my confidence. I don't respect you, I think this is it." Il se trouve que j'avais pas été la seule a lacher l'info. Mais deux autres potes de B qui en avaient parlé bien avant moi ne l'ont jamais admis.
Y'a pas de morale a cette histoire: juste deux vérités. Lunettes roses ou lunettes noires, c'est a chacun de voir. J'ai juste un mal fou a gérer ses situations, et a me dire que non, décidément je ne suis pas "cynical", "self-interested", "climbing the greasy pole", "manipulative", "uncaring", "using people when they can serve me".
Or am I?
Tuesday, November 01, 2005
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2 comments:
"Or am I?"
No, you're really not !!!
Merci les filles!
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