Friday, July 08, 2005

le retour

Quand un ami part loin, que ce soit pour 2 semaines ou pour des années, irrémédiablement, il va nous manquer.
Mais bizarrement, les retrouvailles que l'on imaginait locaces, hilarantes et sans fin, ne se passent jamais comme on l'aurait souhaité.
On attend ces semaines en espérant pouvoir enfin avoir quelqu'un à qui se confier et avec qui partager ses joies et ses doutes, on espérait pouvoir se sentir à nouveau comprise et soutenue.

Etonnamment, cette situation ne tient à rien. En fait, il est impossible de dire à la personne : tu m'as beaucoup manqué, j'aimerais que tu sois un peu plus bavard, que tu sois un peu plus à mon écoute, que tu me comprennes à nouveau.
En fait, on pense avoir tendu une perche pour se faire comprendre, mais ça ne marche apparemment pas du tout.

Snapshot 2 :
Après 3 semaines d'absence de mon collègue préféré, on parle, comme à notre habitude, de pas grand chose et de beaucoup en même temps ;
jusqu'à ce qu'arrive la question fatidique : "ça va, tu t'emmerdes pas trop ? comment tu fais passer le temps ?"
"ben j'écris des nouvelles pour des concours, j'apprends le russe et je lis beaucoup. on a même fait un blog collectif avec mon amie d'angleterre."
la discussion continue son fil, je raconte que j'aimerai que ma vie prenne une autre orientation -il sait pertinemment ce que je veux en faire d'ailleurs- et que plus le temps passe, et moins je suis sûre d'avoir envie de retourner en CEA.
Et puis là, en parlant de livres lus et de blogs, la phrase fatidique, aussi blessante qu'un commentaire sur sa façon de s'habiller comme un sac :
"de toute façon de nos jours, le gros problème dans le milieu littéraire, c'est que n'importe qui se permet de s'auto-proclamer écrivain."
Merci beaucoup.

Je n'ai bien sûr pas la prétention de me croire écrivain parce que je me suis présentée à un concours de nouvelles pour une association obscure dont le siège est à la mairie de trifouillis-les-oies. Mais je pensais pourtant lui avoir fait comprendre que le fait d'écrire me tenais à coeur, que je travaillais dur pour m'améliorer, et que j'aimerai qu'il s'y intéresse un peu au lieu de dénigrer tout de suite.

Est-ce que je me suis faite mal comprendre ou est-ce que j'ai mal compris ?
J'aime beaucoup la communication, mais il y a des fois où il y a tant de façons d'interpréter possibles que je me sens complètement perdue.

3 comments:

Dany said...

Mouais, enfin ca m'etonnerais qu'il t'aie attaqué de front comme ca.

Il a du vouloir dire que c'est un truc en vogue, et que donc il faut en vouloir pour se démarquer et vraiment percer. Que c'est un milieu rempli a ras-bord de médiocrité, mais que sortir "head and shoulders" au dessus du lot, et que les autres le remarque, c'est difficile.

Un peu comme dirait Bernard Werber, aujourd'hui il n'y a plus de censure, on ne fait que noyer la qualité sous un flot de m***. Et c'est dur meme pour BW

Dany said...

Ah, un deuxiéme commentaire avant d'y aller de mon propre Snapshot.

Desfois les petites remarques blessantes doivent etre prise comme des micro attaques aggressives, pas forcément liée au sujet qu'on discutte.

Ca se peut qu'il t'en veuille, inconsciemment pour un truc, et peut etre presque rien, mais c'est a toi de trouver quoi.

Je fais trés attention a ces petites fleches, et d'habitude c'est un signal que l'autre veut que tu sois a son écoute.

Quand les deux veulent que l'autre les écoute, c'est la cata (ca me fait penser a la Somalie, comme si "y'avais pas assez pour tout le monde").

Dans ce cas, il faut absolument que l'un des protagonnistes aie assez de resources pour passer dans le mode "écoute" en se disant qu'il aura sa part a un autre moment.

Ils sont snappy et cassants? C'est qu'ils pensent que c'est leur tour d'etre écoutés.

kiara said...

Tiens, merci beaucoup pour cette analyse, je vais m'en re-servir. Aussi bien quand je serai aggressée que quand je me mettrai a aggresser quelqu'un.