En fait, je comprends bien cette envie de savoir si ça vaut de cout de s'investir dans la relation avec des collègues dont on sait obstinément qu'on va les quitter.
D'un moment à l'autre, on a l'impression de passer du stade de "super collègue avec qui on adore bosser" au stade de "super souvenir avec lequel on aime remplir les discussions avec les nouveaux super collègues".
Comme si le proverbe "loin des yeux, loin du coeur" était en fait à effet instantané : on quitte le bureau, et on quitte l'équipe en même temps. Oubliée aussi vite que la porte se referme sur ses pas.
Il est vrai que c'est effrayant. Mais en même temps, et au même titre que beaucoup de choses toutes aussi moches, ça fait partie de la vie. On quitte des gens pour en retrouver d'autres. Et tout recommencer.
C'est frustrant autant que c'est cyclique.
Pourtant, aussi court que cela puisse être, les moments "investis" avec ces collègues resteront inoubliables par les choses apprises de ces rapports. Les bons souvenirs sont ceux dont nous avons été les acteurs.
Je pense qu'essayer de se protéger contre la tristesse qu'on vivra plus tard en s'empêchant de se donner à fond dans ce qu'on fait maintenant, c'est perdre du temps et ne vivre qu'à moitié.
C'est normal d'avoir peur de ce qui va se passer dans quelques temps parce que le moment présent est si agréable qu'on ne veut pas le laisser passer. C'est trainer sur le passé au lieu de se jeter vers le futur.
Mais il faut tout de même l'accepter. Ce qui fait d'un instant un pur bonheur, c'est aussi et surtout le souvenir qu'on s'en fait.
Il faut bien construire ces jours qu'on regrettera plus tard parce qu'ils auront été exceptionnels.
Et il faut s'engager _ et s'investir_ pour qu'il en soit ainsi.
Tuesday, July 05, 2005
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