Thursday, April 13, 2006

Musique muette

Il y a une phrase de Pascal que j'aime enormement: "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais deja trouve". En passant par chez Veuve Tarquine, j'ai eu envie de reecouter le morceau baroque qu'elle a mis sur son blog. Au premier coup il me semblait le comprendre, au deuxieme coup, je trouvais pas ca special, comme si j'avais pas le coeur, ou l'experience, pour savoir de quoi "parle" le compositeur. En lisant les commentaires, je me sentais encore plus alienee.

J'associe souvent la musique classique a l'angoisse: une angoisse bizarre qui me donne envie de fuir et de ne pas rester. Seulement, certains morceaux m'apprivoisent quand meme, me donnent envie d'etre avec eux, de les habiter. Comme le concerto pour clarinette.

Avec le morceau choisi par Tarquine, et les commentaires, j'ai l'impression qu'il y a tout un monde duquel je ne fais pas partie, faute d'experience et faute d'empathie. J'ai l'impression d'etre une attardee du sentiment humain. Peut etre que je suis reellement trop jeune, peut etre que j'ai juste envie d'etre amoureuse.

A defaut, je me rattache a des bribes, des comportements que j'admire, des yeux que je trouve magnifiques, des moments que je trouve beaux, des inconnus que j'envie. Des bribes: comme trois pieces isolees d'un puzzle enorme, dont je ne sais pas si je vais pouvoir le completer. Alors je collectionne les pieces. Je prends note, meticuleusement, de tous les trucs que j'aime.

Par exemple, je trouve qu'Elizabeth Berridge, qui joue Costanze dans Amadeus, arrive a retranscrire dans sa maniere de jouer les elements a la fois ludiques, intenses, et pacifies de la musique de Mozart, du mois comme je la comprends (et comme Milos Forman semble le faire).

C'est pas grand chose, mais j'aime vraiment Mozart, comme j'aime vraiment Moliere. Et j'y tiens comme a mes trois piece d'un puzzle que j'espere finir, meme si c'est miserable de n'avoir que ca.

C'est bete de le dire, et c'est conventionel, mais ils sont les seuls que j'arrive a aborder. Ils sont les seuls qui rendent leur art accessible au profane et qui sont si seduisants qu'ils te donnent une eternelle envie d'en savoir plus, de t'engager plus sur la voie de l'humanite. Et d'en faire partie, finalement de cette humanite.


Credit Photo: the elizabeth Berridge website. http://www.elizabethberridge.net/

P.S. Elizabeth Berridge a auaai joue dans: "Tartuffe born again", ou Moliere pour les amerloques. Comme quoi.

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