Sunday, June 26, 2005

coup de gueule

Je sais que ceci est le blog idéal, et que par là même, il doit être plein de bon conseils en évitant au maximum les lamenteries.
Mais là maintenant tout de suite, j'ai un horrible besoin de lancer un coup de gueule. Alors prenez le pour des conseils dans les rapports humains : ce qui est bon pour moi est bon pour pas mal de monde dasn le même cas.

Depuis 2 mois maintenant, je suis clouée à mon canapé à cause de mon genoux, et les sorties me sont difficiles. 2 mois qu'on ne cesse de me demander "quoi de neuf ?" et "tu veux pas aller à l'exca ce soir ?" et "il faut quand même que tu sortes un peu !" et des "oh, tu n'as pas l'air d'avoir le moral"

Alors, là maintenant tout de suite, et de tout mon coeur, je vous lance à tous un gros
JE VOUS EMMERDE !
parce qu'il y en a marre.
Tout simplement parce que vous savez pertinemment que je ne fais rien de mes journées, parce que vous savez pertinemment que mes béquilles ne me permettent pas de marcher bien longtemps, et que les mains engourdies de chaleur, je ne peux pas me tenir debout.
Tout simplement parce que, faute de vie sociale, d'activité physique et de grand air, c'est tout à fait normal que j'ai l'air pâle, que je ne sache pas que le mois de mai était pourri, et que j'ai pas envie de m'exhiber dans je-ne-sais quel lieu public.

ah oui, une autre chose : les "mais pour une fois qu'il y a quelqu'un avec toi, tu pourrais faire un effort pour ne pas faire la gueule. On est là parce qu'on voulait te faire plaisir".... GARDEZ LES !!!
De quel droit vous pensez que je serais forcément heureuse de voir du monde ?! De quel droit vous me faites culpabiliser de ne pas être bien ?!
La vérité est que je suis verte de jalousie. Je n'ai pas d'histoires de boulot à raconter, pas de soirées biture dans les bars, pas de discussions avec des gens dans la rue... Ne me forcez pas à faire semblant d'être contente de me rendre encore plus compte de combien une vie "normale" me manque.

J'ai l'impression que mon corps ne me répond plus, qu'il disparaît derrière un "moi" immatériel qui se balade sur le net faute de pouvoir aller dehors, j'ai l'impression de perdre mon caractère, ma confiance en moi, mes projets... j'ai l'impression de disparaître derrière les béquilles.
J'en ai marre de me sentir coupable de ce que je suis en ce moment. Il est vrai, je ne suis pas la Vik de d'habitude, et sincèrement, je pense que je ne le serai plus jamais.

J'ai peur de ce que me réserve le monde extérieur auquel je ne suis plus adaptée. J'ai peur de retrouver ce monde extérieur à la fin de ma convalescence.
Alors je vous en prie, respectez moi. Arrêtez de faire comme si de rien n'était, et de ne le faire qu'à moitié. Soit vous me considérez comme avant, soit vous ne le faites plus. Mais pas de demie-mesure, je ne le supporterai plus.

J'essaie d'être aussi forte que je le peux. J'essaie de rendre cette période positive en apprenant un maximum de choses et en profitant de tout ce temps. Mais il y a une limite à mon optimisme.
Laissez-moi gérer mes flux de sentiments, bons ou mauvais. Ne me faites plus culpabiliser d'avoir des variations d'humeur et arrêtez d'essayer de me remuer.
Je n'ai pas la force d'encaisser des vérités que je connais parfaitement.
Si vous voulez m'aider, laissez moi gérer à ma façon ce qui m'arrive, parce que ce n'est pas vous qui restez sur ce canapé dans cet appartement caniculaire.

Inutile de s'inquiéter pour moi, je m'en sortirai, comme d'habitude. Faites moi confiance.

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