Saturday, August 20, 2005

En passant par Edinburgh avec mes sabots...

De retour du Festival, certains shows etaient biens, d'autres moins bien. Y'a une troupe qui m'a énervée tellement elle etait dépendante du public. Les commédiens essayaient de nous faire rire toute les deux secondes. S'ils n'y arrivaient pas il perdaient coeur. J'ai jamais vu une abdication pareille, mais bon, dans le Fringe, y a tout et n'importe quoi, du trés pro au trés amateur, et c'est pour ca qu'on l'aime. Cela dit, sur 4 shows, 1 seulement etait limite. Le reste etait vraiment chouette.

L'atmosphere du Underbelly est un peu trop "trendy" pour moi, cela dit: peuplé par des dizaines de wannabee artistes Londoniens hyper sapés, et d'etudiants en théatre, qui passent leur mois d'aout a faire du networking et a se la jouer critiques d'art avec moult laptops, avant de commencer leur nouveau job dans une Money Grabbing and Co.

Point de vue bouffe, Dany a testé pour vous le Deep Fried Haggis et c'est vachement bon! Les épices sont parfaites. Et c'est meme pas trop gras en fait. J'ai aussi tenté les macaroni-and-cheese pies (go on heart, you can do this!) et c'est vachement bon aussi!!!

La veille ville d'Edinburgh, en plein festival, c'est lourd. Everybody and his dog essaie d'ajouter son grain de sel. Y'a de la live music dans tous les pubs, mais on peut pas dire que ca casse des briques. Il faut vraiment savoir ou aller pour trouver un truc qui ne soit pas un immonde piege a touriste.

C'est faisable cela dit. Henry, un copain de Déville originaire de la capitale nous a emmené a deux concerts vraiment bien. La musique etait si belle que j'en avais les larmes aux yeux. Mais c'etait dans un pub moche avec décors en placo-platre, et pas dans la vielle ville Disney-esque.

Je suis d'avis que kilts et compagnie ne servent pas la cause écossaise. Bertholt Brecht disait que triste est la nation qui a besoins de héros. Quand on en vient a encenser des figures du 14e siecle ayant gagné UNE SEULE bataille, et ce grace a l'initiative d'un producteur australien basé a Hollywood ET BEN CA CRAINT!

Faut il ajouter que le tartan est un tissu d'origine hollandaise et que le kilt fut inventé par un capitaliste Anglais exploitant les highlanders dans les mines. Leur véritable costume etait peu pratique, alors il s'est mis a imposer le kilt, qui devint le costume national apres que Sir Walter Scott aie reinventé l'histoire dans la période romantique, et orchestré une chorégraphie en kilts pour la visite de la reine Londonnienne de l'Epoque. La pluspart des monument gothiques furent contruits pour le bon plaisir d'aristos romantiques (et souvent anglais) se pamant sur les épiques epopées écossaises. Alors ne me parlez pas du Wallace monument.

Et je dis pas ca pour provoquer: L'Ecosse a une musique hallucinante, les inventions scientifiques venant d'ecosses sont innombrables (la chambre a air, le penicilline, et j'en passe), la pensée sociale et théologique écossaise est lumineuse ainsi que la litterature.

Les écossais sont charmants, tolérants, souvent self-deprecating et rieurs. Je trouve dommage qu'il n'y aie pas de Monthy Python Ecossais (ou alors c'est que je n'ai pas touvé) car leur maniére d'etre est vraiment attachante. J'en suis dingue: avec BH j'en suis presque a prendre des notes tellemnt son savoir etre est classe. Et en Écosse je me rends compte que pas mal de ses attitudes sont tout simplement écossaises. Et je trouve lamentable qu'on n'en connaisse que les p*tains de kilts.

Pour moi, le signe d'une oppressed nation, c'est de célébrer son génie sous des kilts surfaits, des cornemuses, et des "musiciens" de troisieme zone pour apater les touristes. Triste est la nation qui a besoins de héros, ou de ces minables oripeaux la.

2 comments:

kiara said...

Mais ce que tu dis là, c'est effectivement ce qu'on doit retirer d'un court passage au festival. Et les jouers de cornemuse de 3eme zone, on les retrouve uniquement sur le Royal Mile ou Princess Street.
Et puis finalement a force d'habiter ici on fini par entrer un jour au Sandy Bells sur Forrest Street et par comprendre que la musique c'est pas de tout pour les touristes, et on se rend betement a un ceilidh en pleine saison creuse, un ceilidh juste pour les habitants du coin, pas pour les touristes, et on se rend compte que le kilt c'est juste un habit de fete comme un autre, pour l'occasion, pas plus idiot qu'une robe blanche pour une mariée... il n'y a que les touristes qui font un symbole du kilt. Ici il est juste utilisé pour ce qu'il est, un costume de soirée...

Anonymous said...

Je n'etais effectivement que dans la vielle ville (et une chose est sure: je vais me trouver un appart bien eloigné du royal mile, qui ne reverra pas mon joli museau de si tot).

Merci pour ton commentaire cela dit: je m'en tenais a mes premieres impressions. Et je trouvais cette mise en scene mercantile absolument grotesque.